Non, la France n’est pas raciste. Quel scandale d’oser dire une chose pareille quand on a la chance d’y être. Vraiment c’est une chance d’y être même quand on y est persécuté. Comment oser penser une atrocité pareille quand on sait que ce pays se permet de s’attribuer des qualificatifs pleins de symboles, tel que : France terre d’asile, le pays des droits de l’Homme, le pays de la liberté d’expression, etc. etc. Se permettre d’injurier la France en lui ôtant ses qualificatifs c’est comme se permettre d’ôter le mot démocratie à la République démocratique du Congo (RDC).
Oser dire qu’en France il n’y a plus de liberté d’expression, il n’y a plus d’égalité, il n’y a plus de démocratie, c’est comme se permettre de dire qu’en Chine il n’y a plus de liberté, en Tunisie il n’ y a plus de démocratie et dans un autre pays que je nommerai pas, liberté d’expression oblige, il n’ y a plus d’égalité. Il est absurde d’accuser la France, pays dont la devise est liberté, égalité, fraternité, de xénophobe. Les faits sont là pour le confirmer. Pardon ! Les faits sont là pour vous contredire. Regardez bien ce magnifique pays laïc depuis 1905, un pays où la séparation entre les églises et l’Etat est le fondement même de la République. Depuis 1905, avez-vous déjà vu un gouvernement s’occuper ou se mêler des affaires de cultes en France ? Évidemment non. Avez-vous déjà vu un président de la République afficher ses convictions religieuses officiellement ? Jamais. Et c’est là le comble de la laïcité. Avez-vous déjà vu le drapeau français mis en berne pour la mort de quelque autorité religieuse que ce soit ? Jamais. Avez-vous déjà vu le président de la République entouré de la majorité des membres du gouvernement français, lors d’une messe à la mémoire d’une personnalité religieuse ? Absolument pas. Et la part des religions dans l’enseignement public ? Pardon, l’histoire judéo-chrétienne dans l’enseignement public ? Bien sûr rien n’est mentionné ou presque. Quelle chance ! Heureusement que l’enseignement est laïc
Douter de la neutralité de l’Etat face aux religions, c’est douter de l’un des piliers fondamentaux de la République. Dire que la France n’est plus le pays des droits de l’Homme, n’est plus une terre d’asile, ne garantie plus la liberté d’expression et surtout ne traite plus ces citoyens d’une manière équitable : c’est douter de la solidité et l’efficacité de ses institutions. Mais en vérité, la France discrimine t-elle les uns par rapport aux autres ? Met-elle les religions sur le même pied d’égalité ? Garantie t-elle à ces citoyens cette égalité sur laquelle elle a fondé son système ? Répondre à cette problématique reviendrait à mettre, dans son contexte, chaque manifestation qui, à première vue, peut paraître comme une violation manifeste des droits de l’homme, une violation de la liberté de penser, de croire, de s’exprimer, ou peut tout simplement paraître comme une persécution morale envers des minorités.
On parlera ainsi de la liberté de culte, d’expression, d’opinion et d’aller et venir. On parlera ensuite de l’égalité devant la justice, l’accès aux soins, le respect des droits de minorités et de la solidarité. On verra en dernier cette magnifique chance qu’on a tous d’être égaux pour accéder aux différents postes de la fonction publique, cette belle machine Républicaine qui pratique par excellence la devise d’inégalité. Pardon je voulais dire l’égalité.
La France est laïque. Cet ancrage de la laïcité dans l’Etat Français s’est clairement manifesté lors du décès de l’homme le plus fort de l’église catholique. Non seulement le drapeau national, tricolore, symbole de cette laïcité même, et par conséquent, neutralité de l’Etat, a été mis en berne, mais aussi le chef de l’Etat, son premier ministre et la quasi-totalité des membres de son gouvernement avaient participé à des cérémonies religieuses, organisées officiellement en l’occasion. L’apogée de cette neutralité a été atteint en 2004, lorsque l’Etat, censé ne favoriser aucune religion au détriment des autres, représenté par son parlement, a voté la loi, faite sur mesure, pour interdire le port des signes religieux à l’intérieur des établissements scolaires. On s’est, alors, d’une manière ou d’une autre, demandé quels sont ces signes religieux que le législateur s’est borné à prohiber ? La réponse était claire. Le foulard islamique en toute urgence. Dans tous les médias on n’entendait parler que du foulard islamique. Certes, de temps en temps, on glissait le mot : croix chrétienne, Képa juive, mais l’intrus dans tout ça, c’était ce foulard dit: islamique.
Le législateur, soucieux des fondements de la République de l’égalité, s’est montré généreux dans l’esprit de son texte et en particulier sa circulaire d’application. Il a, ainsi, autorisé la chrétienne et le chrétien à porter une petite croix pour manifester leur appartenance à cette confession.
Pareillement, il a autorisé la musulmane à porter sur elle, même à l’intérieur de l’enceinte d’un établissement scolaire, la main de fadma. Il aurait pu l’autoriser à porter une paire de ciseaux ou un fer à cheval, le résultat aurait été le même. Pour la musulmane, la main de fadma, qu’il l’autorise ou pas, reste un pendentif qui s’ancre totalement dans la superstition et aucunement dans le fait religieux. L’autoriser pour contrebalancer la permission du port de la croix chrétienne par les personnes de confession chrétienne est le comble de l’inégalité entre les uns et les autres.
Il est à rappeler qu’un objet ayant une connotation superstitieuse ne peut servir le fait religieux. Au contraire, il le détruit. Son autorisation est la volonté même de l’Etat à nuire à la religion musulmane en lui ôtant son principe le plus fondamental : l’unicité de Dieu. A contrario, la croix est le symbole parfait de l’adhésion aux thèses christianistes selon lesquelles jésus serait mort crucifié sur une croix. Aucun chrétien ne peut prétendre l’être s’il n’adhère pas à cette thèse. Son autorisation à l’école, quelle qu’elle soit la dimension, est donc, par essence, une autorisation manifeste au prosélytisme christianste qui cherche à apporter la bonne nouvelle, évangéliser les peuples, de gré ou de force, par amour de Dieu. L’église châtie par amour. Autoriser le port de la croix, petite ou grande, à l’intérieur des établissements scolaires, c’est dire aux écoliers et lycéens qui l’exhibent : on vous autorise à propager la doctrine de la croix, un prosélytisme chrétien violent, macabre, nommé passion dans les évangiles et dont l’aspect le plus sanguinaire trouve sa naissance dans cette croix, même. Où est donc la neutralité que garanti la loi de 1905 ? Interdire à des jeunes filles musulmanes de bénéficier d’une instruction gratuite, laïque, puisqu’elle doit être vide de toute théorie religieuse et non pas parce que les bénéficiaires doivent être areligieuses, pour la seule raison qu’elles se couvrent les cheveux avec un foulard et le justifier par l’impératif de la laïcité, et donc, la neutralité de l’Etat, est la plus grande supercherie que le législateur christianiste n’ait jamais osé faire depuis 1905. D’abord, la musulmane ne se couvre pas les cheveux pour manifester son appartenance à une telle ou telle religion, bien au contraire, elle le fait pour se vêtir décemment, sans aucune provocation, ni prosélytisme quelconque.
Toute religion recommande à l’homme comme à la femme de se vêtir décemment. La femme chrétienne, porteuse ou non de sa croix, en respectant les recommandations même de sa religion, se couvre les cheveux. La femme juive, impie ou pieuse, se couvrait les cheveux bien des dizaines de siècles avant l’apparition de l’Islam. Ce n’est pas l’Islam qui le lui impose mais bien les lois juives millénaires auxquelles elle adhère. Où est donc le prosélytisme musulman dans cette attitude sociale commune aux autres confessions célestes ? La jeune fille, musulmane ou pas, qui se couvre les cheveux nuit, peut être, au principe d’égalité entre les croyants et les intégristes laïcs, qui, peut être, ne se couvrent pas les cheveux par un foulard, mais manifestent violemment leur adhésion à un courant antireligieux. Non seulement, par cette attitude, ils privent la fille croyante de l’un de ces droits, mais, en plus, ils lui imposent leur façon de se vêtir. Le fait d’exclure de l’enseignement public des jeunes croyantes pour la seule raison qu’elles se couvrent les cheveux ne peut corroborer l’idée d’une recherche d’égalité entre les citoyens. Au contraire, le responsable politique légalise, par la complicité du législateur, la discrimination entre une telle ou telle religion. Empêcher la fille musulmane de respecter un principe universel qu’est la décence vestimentaire et autoriser toute fille, musulmane ou pas, à dévier vers l’indécence, string oblige, ne peut trouver son explication dans la recherche de l’égalité et le respect de la laïcité.
Certes, le législateur contraint tous les individus à se mettre dans le même moule, mais un moule qui reste celui d’une majorité religieuse. L’action du législateur n’est autre que d’imposer le moule occidental christianiste. Point de salut en dehors de l’église, point d’intégration en dehors du moule Républicain, qui n’est autre que le moule chrétien. Ce sont là les prémisses d’une envie de christianiser par la force, par amour pour la République, comme le faisait les pères conquistadors, par amour pour le Christ. Au non d’une laïcité vidée de son sens initial mais une version, tout de même, chère à la République, on impose un et un seul modèle, conforme en tout point au modèle christianiste, qu’on nomme modèle d’intégration. La neutralité de l’Etat doit se manifester, soit par des actes positifs, soit par des actes négatifs, mais de manière égalitaire quelle qu’elle soit la confession de l’individu. Un Etat juste qui manifeste une attitude positive et tolérante envers les religions ne peut être blâmable. La seule condition est qu’il ait une attitude équitable envers toutes les confessions. Mettre le drapeau national en berne pour la mort du grand responsable de l’église catholique, dans un pays multiconfessionnel, ne peut corroborer la thèse de neutralité, quand, en même temps, la personnalité la plus haute de l’Etat tient un discours public insultant et dégradant envers une autre confession :
- si vous êtes polygames, vous égorgez des moutons dans vos baignoires, alors la France n’est pas votre pays. Autrement dit : « la France chrétienne qui s’est faite en anéantissant les autres minorités depuis le IV ème siècle, n’est pas le pays du musulman qui, n’ayant aucune structure officielle pour jouir librement de ses droits à la liberté de confession, essaye, tant bien que mal, de respecter ses rites confessionnels. Elle ne peut, non plus, accepter le musulman qui a deux épouses, peut être, a des enfants avec les deux épouses, subvient aux besoins de sa famille en trimant comme tout homme de notre société. Quel bel exemple d’égalité et de neutralité de l’Etat face aux confessions ! Quel crime abominable, le musulman commet-il le jour de sa grande fête, une fois par an, en osant égorger un mouton, faire couler son sang dans sa baignoire, le laisser se mélanger avec les souillures de la société ! Au bûcher ! Au bûcher ! L’inquisition est de retour ; elle s’appelle : intégration ou modèle républicain d’intégration.
(A suivre)